Depuis sa création en 1924, l ’OIE a consacré ses efforts à limiter la propagation internationale des maladies et des zoonoses associées à des répercussions commerciales imp or tantes. Tout comme la FAO, l’OIE considère que l’objectif ultime n’est pas seulement de limiter la propagation internationale des maladies animales mais de tendre progressivement vers l’éradication définitive de certaines des maladies les plus importantes et les plus dévastatrices. Les affections comme la fièvre aphteuse n’entravent pas seulement le commerce international des animaux et des produits d’ origine animale mais elles peuvent aussi avoir un impact négatif majeur sur la production alimentaire et sur la pauvreté dans le monde. Cet objectif idéal est aujourd’hui presque atteint pour la peste bovine qui, à l’exception d’un doute mineur concernant la C or ne de l’Afrique, peut aujourd’hui être pratiquement considérée comme éradiquée de la planète.
La fièvre aphteuse reste une maladie importante et prioritaire pour laquelle il convient de viser à long terme l’éradication totale dans la population mondiale des artiodactyles . Malgré les eff or ts mondiaux, régionaux et nationaux considérables déployés contre la fièvre aphteuse, plus de 100 pays en développement ou en transition sont enc or e touchés par cette maladie. Ce facteur majeur entrave la progression vers l’objectif d’une libéralisation mondiale du commerce des animaux et des produits d’ origine animale, associée à un idéal d’accès pour tous à une alimentation abondante et à un meilleur accès aux marchés.
Depuis 1994, l ’OIE a donné une nouvelle impulsion à la progression vers l’objectif idéal d’un statut mondial indemne de la fièvre aphteuse en établissant des nor mes et des lignes directrices internationales permettant la création d’un système de reconnaissance officielle des pays indemnes de la maladie. Afin de favoriser le commerce des animaux et des produits d’ or igine animale, les normes qui étayent la reconnaissance officielle des pays indemnes de fièvre aphteuse ont été progressivement affinées pour permettre de reconnaître des zones indemnes à l’intérieur des pays infectés et, plus récemment, des compartiments indemnes. L’OIE a également travaillé à l’identification de plus de produits d’ origine animale qui peuvent être commercialisés sans risque, même en présence de la maladie et indépendamment du recours ou non à la vaccination. Sur les 172 Membres actuels de l’OIE, 64 ont déjà été reconnus par le Comité international de l’OIE comme des pays indemnes de fièvre aphteuse sans vaccination, 2 ont le statut de pays indemnes avec vaccination ; 6 pays ou territoires ont des zones reconnues indemnes avec vaccination et 8 ont des zones indemnes sans vaccination.
Il s’agit cependant d’un processus peu rapide qui dépend de la capacité des pays ou des territoires à obtenir et à conserver un statut indemne. La procédure est par ailleurs onéreuse et requiert des Services vétérinaires solides et efficaces ainsi qu’une volonté et un engagement politiques réels. Il est évident que de nombreux pays en développement ou en transition se heurtent à des problèmes très spécifiques dans leur effort de progression vers un statut indemne à l’échelle de tout ou partie de leur territoire. La communauté internationale devrait envisager des moyens adaptés supplémentaires pour promouvoir le concept de maîtrise mondiale de la maladie et pour aider plus particulièrement ces pays et territoires en développement ou en transition à devenir des participants actifs de l’évolution vers cette maîtrise mondiale. Cette conférence est par conséquent à considérer comme une étape importante sur cette voie.
Au cours des trois jours que durera la conférence d’Asunción, au Paraguay, la situation actuelle de la fièvre aphteuse dans le monde sera évaluée, avec une référence spécifique aux efforts mondiaux, régionaux et nationaux déployés pour lutter contre cette maladie. Les nouvelles méthodes de contrôle, l’état des recherches sur la maladie, les méthodologies appliquées pour la surveillance, le développement et l’administration des vaccins ainsi que l’utilisation, les limites et la disponibilité des méthodes de diagnostic adaptées aux espèces sensibles seront évalués en fonction des nécessités et des contraintes futures. Tous ces aspects seront présentés par des experts de renom international et débattus par des directeurs de Services vétérinaires, des vétérinaires, des scientifiques, des chercheurs, des éleveurs et d’autres acteurs nationaux et internationaux venus de toutes les régions du monde.
Toutes les stratégies régionales existantes, incluant les spécificités qui leur sont propres, seront présentées par des décideurs politiques régionaux. Les conditions de financement des programmes sous-régionaux et nationaux seront présentées par des représentants des bailleurs de fonds de dimension mondiale.
Les délibérations seront suivies de recommandations dont l’adoption sera proposée aux Délégués, en vue de mobiliser les organisations mondiales, les bailleurs de fonds, les gouvernements, la communauté vétérinaire internationale et tous les acteurs concernés, et de les inciter à s’engager ensemble sur la voie de la maîtrise mondiale de la fièvre aphteuse.
L’OIE et la FAO remercient très sincèrement pour leur généreuse contribution financière et leur soutien le Service national de qualité et de santé animale du Paraguay (SENACSA), le Ministère de l’Agriculture, de l’élevage et de l’approvisionnement du Brésil et la Commission européenne, sans lesquels cette conférence n’aurait pas été possible.
L’Organisation mondiale de la santé animale et l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture vous invitent à assister à cette conférence et à participer aux processus décisionnel qui constituera le tremplin vers la maîtrise mondiale de la fièvre aphteuse.
Plus d’informations : http://www.oie.int/fr/F_FMD2009/WELCOME-FMD.html